Ecologie Sacrée et Alchimie de l'Eau


ECOLOGIE SACREE ET ALCHIMIE DE L'EAU

Atelier donné aux Voies de la Connaissance dans le cadre de l'Agora sur l'Écologie sacrée et l'Eau en Octobre 2016

 

I. Alchimie et écologie sacrée

1. Homme vs. nature, la conception biblique, l'alchimie.
2. L'eau dans la bible, l'Éternel.
3. Alchimie

 (apér-eau)

II. Pratiques sacrées avec l'eau

1. L'Éternel, les rites de l'eau (baptême et bénédiction), magnétisation de l'eau, dynamisations.
2. Emoto, Benvéniste, Hahnemann, Steiner.
3. La Nature Dévoilée, les deux voies de La Nature Dévoilée. en pratique, La récolte de la Rosée.
4. Conclusion.

 

I. Alchimie et écologie sacrée

1. Homme vs. Nature, la conception biblique, l'alchimie.

L'Alchimie est une science de la nature. Il a toujours été répété aux apprentis que l'alchimie s'efforce d'observer et d'imiter la nature. C'est la méthode fondamentale.
Sous le patronage de la religion dominante, l'alchimiste voue un culte à la nature. Il tente de comprendre le phénomène de création qui s'opère de façon perpétuelle, il essaie de reproduire ce phénomène, d'activer l'opération universelle. Il essaie d'imiter la nature et de lui ressembler dans son travail, bref, il essaie d'être la nature, et de fusionner avec elle.
L'alchimie est très intimement liée à la médecine. Médecine du corps pour les hommes et médecine de l'âme (ce qui est plus où moins la même chose à un niveau différent), mais aussi médecine pour les plantes et bien sûr pour les minéraux (la transmutation est considérée par la philosophie alchimique comme étant une guérison des métaux). L'œuvre alchimique permet finalement un travail de guérison de la nature, la nature environnementale ou la nature de l'alchimiste, ce qui revient au même.
Le Grand-Œuvre est donc une restauration de la nature dans son état de perfection et c'est finalement le seul but de l'alchimiste.
Il y a dans le travail alchimique une notion de sacré : en effet, ce travail d'imitation de la nature, de perfection de l'état naturel est un but sacré entre tous dans l'alchimie. La notion d'initiation qui est souvent présentée avec une imagerie mystique ne désigne à mon avis rien d'autre que l'alchimiste accompli, réalisé, qui a su comprendre et reproduire l'acte de création, de création de la nature.

La notion d'écologie est récente et a été crée pour résoudre le problème que pose le développement de l'humanité en dehors de la nature (l'homme contre la nature), pour tenter un rééquilibrage et limiter la pollution que produit cet état de séparation de l'homme d'avec la nature. L'écologie commune considère que l'homme, dans sa supériorité intellectuelle et technologique peut pallier aux désordres causés par son état d'élite (un être d'élite est un être d'exception, supérieur et différent), et ne remet pas en cause cette conception dualiste de l'homme en dehors de la nature. Ce premier pas, l'écologie commune, permet sans doute de limiter les dégâts causés par la domination sur la nature, mais les causes demeurent et la souffrance de la séparation est réciproque et durera tant que l'homme n'aura pris conscience de sa vraie nature et sa vraie place qui est dans la nature justement.
La notion de sacré fait référence à cet état naturel de l'homme qui fusionne dans son environnement.
L'alchimie typiquement est un travail d'écologie sacrée.

La question de l'homme supérieur à la nature
Le fond de cette question est évidemment l'héritage de la culture biblique. La bible est un texte très précieux par la connaissance qu'elles donne sur la vrai nature de l'homme et son devenir, et en même temps, c'est le texte fondateur d'une culture patriarcale et qui présente ces informations de manière à développer une nouvelle société, qui est encore notre société actuelle, avec les problèmes que l'on connait et que l'on tente aujourd'hui de régler.
Il n'est pas si rare aujourd'hui de considérer que notre société patriarcale s'est bâtie sur les ruines d'une société matriarcale défaite. Je ne veux pas discuter cette question maintenant, mais il y a quelques points dans le récit de la création qui méritent d'être étudiés et qui serviront à se faire une image plus cohérente du texte, plus satisfaisant pour donner un sens à notre vie, et surtout utile à nos travaux sur l'eau.
La bible passe pour être le livre fondateur des religions monothéistes. En fait, la notion de Dieu dans l'Ancien Testament est rendue assez vague par l'utilisation de plusieurs noms qui désignent le Seigneur "Unique" (YHVH AChaD, c'est la conclusion du "Schéma", Deut. VI, 4.). Le premier nom est celui du Dieu créateur du ciel et de la terre (Gen. I,1), Elohïm, qui s'occupe seul des 7 jours de la création. À la suite, vient le "second récit de la création" (Gen. II.4 à III.) qui est sous l'autorité de YHVH, l'Éternel. Or il se trouve que pour de nombreuses raisons que je ne développeraient pas ici, je me contenterai de garder l'argument qui fait que ce mot signifie "être", "existence", je considère que l'Éternel n'est pas le Dieu créateur des mondes, mais l'existence dans sa totalité, autrement dit, la créature elle-même. C'est la parèdre du créateur.
J'ignore les raisons qui ont fait que l'homme a préféré oublier ce couple essentiel créateur/créature et absorber la créature dans le créateur, créant la première famille mono-parentale, patriarcale, et rapidement devenu tyrannique (c'est pas toujours facile d'élever sa progéniture tout seul…) mais le résultat est que l'homme se trouve curieusement devenu le fils préféré d'un parent abusif qui ne correspond pas vraiment au modèle que la nature a créée chez les êtres sexués dont nous sommes. L'homme, l'homme masculin est devenu une sorte de demi-dieu (il est l'élu parmi les créatures qu'il domine), et la nature, l'existence, qui est une entité féminine, s'est vue reléguée au rang de servante. Cette attribution de Dieu (le créateur) de l'ensemble des entités primordiales (créateur et créature) par l'homme est à mon avis responsable des dérives de l'humanité et de son malheur.
Le but des mystiques est, présenté d'une façon ou d'une autre, la fusion du mystique avec "Dieu", plus précisément avec l'univers (autrement dit l'existence, ou l'Éternel en fait). C'est aussi le but de l'alchimie, je l'ai déjà dit.


2. L'eau dans la bible, l'Éternel.

L'Éternel, je l'ai suggéré, est une entité féminine (par rapport à la polarité positive du créateur, c'est une question de relation des deux pôles). Les bibles, juive et chrétienne, font de nombreuses relations entre l'Éternel, Marie ou Myriam, et l'eau.
L'Éternel, l'Être suprême, est incarné par Chava (Ève), la mère de tous les vivants (Gen. III, 20), et ensuite par Myriam, ou Marie, la Reine du Ciel. Myriam, entité féminine bienveillante est aussi celle qui accompagne toujours le petit Dieu (Moïse ou Jésus par exemple) dans son développement notamment lors de l'incontournable traversée des grandes eaux. Ces eaux, MaÏÏm, omniprésentes dans l'épopée biblique, sont comme la matrice, elles sont en quelque sorte le liquide amniotique qui protège le petit être dans son développement. Ce sont ces eaux dont il sera question dans nos travaux alchimiques ou dans nos rites.
L'eau entre donc naturellement dans le rituel religieux pour sa proximité avec l'entité primordiale, l'Être suprême, qui est l'œuvre qu'il (Dieu le créateur du ciel et de la terre) avait fait (Gen. II. 3).
Le premier rituel est le bain, bain rituel quotidien chez les juifs (Miqvé), bain baptismal chez les chrétiens ou parmi les sectes juives qui sont à l'origine du christianisme (nous verrons également les principes de ce rituel un peu plus tard, si le temps {la température} le permet… ;-)  ). L'autre rite important est la bénédiction de l'eau. Nous verrons un peu plus tard comment se les approprier dans notre pratique quotidienne.

3. Alchimie

L'eau en alchimie
Il existe un livre pédagogique en alchimie, peut-être le seul qui s'adresse au débutant complet qui s'appelle La Nature Dévoilée (La chaine d'or d'Homère dans son titre original) qui propose un travail important sur l'eau de pluie. Il s'agit d'une voie déjà parcourue par Paracelse et qui contient en soi une tentative d'explication de la création du monde, ou comment la vie et la matière (c'est pareil pour nous) naissent de l'eau de pluie. Nous allons étudier ce travail qui demande quelques notions alchimiques préliminaires que nous allons voir maintenant.. Ce classique de l'enseignement alchimique est l'œuvre de la toute jeune société réformiste allemande qui a fait naitre la tradition rosicrucienne allemande du XVII°.

Qu'est-ce que l'alchimie et pourquoi étudie t-on l'alchimie ?
Les alchimistes sont des personnes au sens pratique développé, aussi commençons par tenter de répondre à la seconde question : À part des questions de fixations obsessionnelles ou un intérêt purement esthétique, on s'intéresse en général à l'alchimie parce que l'on pense que l'on n'est pas tout à fait heureux, ou en tous cas, pas aussi heureux que l'on pourrait, et l'on pense que l'alchimie peut nous aider à améliorer notre sort. C'est une façon très saine d'aborder le Grand Œuvre et qui peut raisonnablement donner de bons résultats (pour peu que l'on n'ai pas l'esprit trop déformé par l'influence d'une autre philosophie trop jalouse pour concevoir la lumière hors de sa propre méthode, comme la science rationaliste par exemple qui a beaucoup tordu le cou à l'esprit analogique et expérimental des anciens…). L'alchimie prétend à l'élaboration d'une médecine universelle qui saura guérir tous nos maux (c'est la réponse positive à la question "pourquoi étudie t-on l'alchimie ?").

Sur quoi repose la philosophie alchimique ?
Commençons par un postulat (un postulat est une information discutable mais que l'on s'abstient de discuter). Selon l'alchimie, tout ce qui existe a une origine unique. Autrement dit, tout vient de la même source. Tout ce que contient l'univers, toute la matière, la vie, le temps et l'espace, les idées, Mozart et le Rock n'roll… Tout. Autrement dit, la Création (l'existence) dans son ensemble est l'œuvre du Créateur unique (qui est à l'origine de la création et qui, en toute logique, n'existe pas lui-même).
Postulons encore que nos petits et gros soucis existentiels viennent d'un éloignement de cette source primordiale qui est notre origine et que le rapprochement vers cette source nous ramènera dans notre félicité première (et nos soucis auront disparus).
Postulons enfin que le soleil qui nous éclaire chaque matin est justement, d'un point de vue pratique, cette source originelle.
Le travail alchimique consistera donc à trouver des moyens pour se recharger de cette énergie solaire. Il s'agit donc de la capter, de la fixer, et de la rendre assimilable selon les besoins du moment (soigner un bobo pour l'un, tenter de fusionner avec la source pour un bonheur infini pour un autre, c'est chacun ses besoins selon les moments…).

Voie sèche, voie humide :
Dans ma terminologie, que je vous prie d'emprunter le temps de cette lecture, il existe deux voies principales pour capter cette énergie créatrice et salvatrice des mondes qui sont : a) La première méthode consiste à prendre cette énergie directement à sa source pour en faire cette médecine, c'est ce que j'appelle la voie sèche. b) La seconde méthode consiste à retrouver cette énergie au cœur de certaines créatures comme par exemple les végétaux pour la libérer dans notre médecine, c'est la voie humide. Ces termes ont comme c'est presque toujours le cas en alchimie d'autres sens selon les écoles ou les contextes et je vous prie de ne pas vous arrêter sur ces questions triviales de vocabulaire, l'important est de bien définir de quoi on parle : c'est la base de la communication.
La voie humide cherchera ses matières dans les êtres qui ont déjà développés cette énergie première dans l'un des règnes connus (végétal, minéral, ou animal le plus souvent). La voie sèche trouvera ses applications dans tout ce qui est directement issue du soleil comme la lumière, l'air, ou… l'eau qui est notre sujet aujourd'hui.

Les universels
En dehors des 3 règnes spécifiés traditionnels (végétal, minéral et animal), on parle des éléments "universels" qui sont directement issus du ciel créateur. Ce sont les influences célestes (lumière, foudre, électromagnétisme…) ou les éléments matériels tels que l'eau de pluie, la neige et bien sûr, la rosée. Les universels sont des éléments issus de l'énergie créatrice primordiale et les par les conditions atmosphériques. Ce sont les éléments qui ont créés la vie terrestre et qui la nourrisse en permanence. Le travail sur les universels est un travail en voie sèche (même l'eau ou la rosée qui sont d'apparence humide, en fait, ils contiennent cette énergie créatrice que l'on appelle Spiritus Mundi dans son état premier au même titre que la foudre ou la lumière solaire).

Les feux secrets
À ce stade, il nous faire faire une parenthèse pour préciser ce que l'alchimie appelle les feux secrets.
Il s'agit, encore une fois selon ma terminologie personnelle et ma compréhension de l'alchimie, des conditions qui ont présidées à la création (permanente) de l'existence. Tout ce qui a participé à la création de l'univers, ainsi que toute force ou condition permettant sa croissance, est l'un de ces feux secrets. Le Spiritus Mundi est le feu créateur par excellence, mais un certain nombre de conditions permettent son expansion, sa croissance, comme la chaleur de la poule permet le développement du poussin dans son œuf.
Voici quelques uns de ces feux qui alimenteront notre four (l'Athanor) : la lumière solaire directe redressée par réflexion ou concentration (par un miroir ou une loupe), le champ électromagnétique, très présent dans l'espace inter-stellaire (tout comme la lumière directe d'ailleurs), le vide (encore un élément de l'espace inter-stellaire), le mouvement circulaire (à l'image du mouvement galactique), la forme sphérique (à l'image de la forme des corps célestes) ; les ondes de formes (la forme de la pyramide est traditionnellement utilisée en alchimie), la chaleur est évidemment un feu qui favorise la maturation, enfin, l'attention, l'amour, et les pensées et paroles positives sont un feu nécessaire tant à l'œuf qu'à la poule (la poule ici, c'est l'alchimiste, c'est à dire vous). Ce dernier élément est bien connu des futures mamans qui parlent à leur fœétus ou aux jardiniers qui ont l'habitude de parler affectueusement à leurs plantes sans craindre les regards sceptiques, et a trouvé un nouvel écho avec les travaux de Emoto sur l'influence des pensées et paroles d'amour adressées à l'eau…

La rosée et les autres précipitations
Toute l'alchimie est imprégnée de rosée… De la rosée récoltée au petit matin de printemps à la Rose Mystique, le symbole de la rosée est universel en alchimie, et il existe des travaux classiques que nous verront un peu plus tard qui utilisent cette rosée.

La rosée est une condensation de l'humidité de l'air au moment du réchauffement de la température au petit matin. La condensation se fait très doucement, sans violence. l'humidité de l'air qui fera la rosée a reçue l'influence de la lune dont nous verrons l'importance un peu plus tard. Rien ne distingue la rosée de l'eau de pluie nocturne si ce n'est cette condensation douce sous la lune.
En dehors du symbole, la rosée est presque toujours équivalente des autres "météores » que sont la pluie, la neige, frimas, brouillards &c… Chacun présente des avantages selon les voies et l'alchimiste ou le jardinier dans leur pratique sauront utiliser l'un ou l'autre selon ses besoins sans s'arrêter au symbole de la rosée.

Pour conclure, si nous avons bien retenus les principes qui nous importent, nous saurons récolter les influences célestes qui créent et nourrissent la vie sur terre de façon à conserver leurs principe actif, les feux secrets.
L'eau de pluie d'orage est particulièrement chargée de cette force électrique qui a su créer le corps physique que nous récoltons dans nos bassines (l'eau semble être créée par une combinaison d'hydrogène et d'oxygène sous l'effet d'un courant électrique, lequel ne manque pas pendant les orages) et elle est réputée contenir de l'azote et du gaz carbonique, ce qui sera utile à la croissance des végétaux. La neige est également chargée de ces deux éléments nécessaire à l'agriculture.
L'eau contient donc des éléments vitaux pour les végétaux qui s'en nourrissent. L'alchimiste la récoltera donc avant qu'elle n'ai pu servir de petit déjeuner à nos salades (donc pas en trainant des draps sur l'herbe humide des prés, mais plutôt sur des draps placés au-dessus du sol comme l'indique le Mutus Liber, ou par d'autres moyens que nous verrons bientôt).

(apéreau, Miaïm !)

(suit la préparation du Petit élixir de Stéphane Barillet donné ici : http://www.devenir-distillateur.com/pages/content/l-elixir-solaire-de-stephane-barillet.html avec la méthode pour tester l'efficacité de cette préparation alchimique, et une étude des conditions qui permettent la réussite (présentation de l'Orgone et l'influence des taches solaires &c…).


II. Pratiques sacrées avec l'eau

1. L'Éternel, les rites de l'eau (bénédiction et baptême), magnétisation de l'eau, dynamisations.

L'Éternel et les grandes eaux matricielles
Résumons rapidement le chapitre précédent à propos de l'Éternel, Marie, et l'Eau… La bible suggère que l'Univers, l'Existence, l'Être suprême fut créé par Dieu (Gen. I. 1.). Nous avons donc deux entités primordiales : le Créateur suprême et sa Créature. Cette créature, la création dans sa totalité, est personnifiée par Chava, la mère de tous les vivants, la vie primordiale, que l'on identifiera souvent avec Myriam, ou Marie, celle dont le symbolisme chrétien fera la reine du ciel (l'univers). Cette entité féminine est encore identifiée avec l'eau : la mer, l'eau à laquelle on rend hommage par la bénédiction, et qui éveille l'esprit dans le baptême. À Marie encore, on associe la rose, et à la rose, la rosée… L'alchimie, qui est un application très pratique des grands principes de la création de l'univers consacre d'incontournables travaux à la rosée et aux autres météores que sont l'eau de pluie, la neige &c… que nous détaillerons plus loin.

Des rites primitifs de bénédiction de l'eau et de baptême
Le judaïsme antique n'était pas, comme il l'est devenu depuis le XVI° siècle, une religion monomorphique et un grand grand nombre de pratiques différentes cohabitaient dans une large aire de répartition avec les influences que l'on peut imaginer. C'est sans doute cette multitude de pratiques et d'enseignements qui ont conduit le pouvoir principal à standardiser les textes et centraliser la religion un peu avant l'ère chrétienne. Certains groupes devenant dissidents formeront les bases du christianisme et il existe un formulaire des tous débuts de la nouvelle religion naissante et qui fait encore le lien entre les deux mouvements bientôt opposés : la Didachè.

Le baptême
Voici les principes mis en œuvre pour le baptême d'après la Didachè :
…Quant au baptême, baptisez ainsi ; après avoir proclamé tout ce qui précède (c'est à dire le dogme), baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans de l'eau vive (courante). Mais si tu n'as pas d'eau vive, baptise dans une autre eau ; si tu ne peux pas baptiser dans l'eau froide, que ce soit dans l'eau chaude. Si tu n'as ni l'une ni l'autre en quantité suffisante, verse trois fois de l'eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Avant le baptême, que celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit se préparent par le jeûne et si d'autres personnes le peuvent qu'elles fassent de même ; en tous cas tu commanderas à celui qui va être baptisé de jeûner un ou deux jours auparavant.
Pourquoi ce triple patronage du Père, du Fils, et du Saint Esprit ? Je ne vais pas entrer dans des détails théologiques sur la trinité qui seraient hors de propos ici et peut-être d'un intérêt secondaire. Je voudrais juste préciser qu'à mon avis, cette formule marque simplement le signe de croix. Cette croix est avant tout un signe qui marque le geste comme la signature scelle le contrat. L'usage était déjà répandu dans le judaïsme et la croix pouvait être une simple croix ( X ) comme lors de la première pâque en Égypte (Ex. XII. 7.), ou un Tav (Ezéchiel IX. 4-6). Peu importe, il faut entendre la croix comme le signe indicateur, et comme le point de concentration de forces convergentes au point de réunion des traits. Nous pouvons en conclure que l'on peut s'approprier ce symbole qui fixe l'énergie ou la volonté dans un acte (de bénédiction par exemple) en dehors de l'appartenance à une religion.
Ici, le baptiste scelle par la croix l'acte de baptiser, le moyen de recevoir le baptême est simplement l'immersion dans l'eau (eau courante, naturelle).
Pour approfondir la raison du baptême, il est bon de s'imprégner des deux principaux textes qui en traitent dans la bible : le baptême de Jésus, et surtout la description de la naissance de Moïse (Ex. II. 1-10). Il y a d'autres récits qui décrivent cette traversée initiatique : l'Odyssée d'Ulysse, la traversée de Tristan vers l'Irlande &… Il est inutile de chercher l'exhaustivité ou la cohérence de chacun des récits qui contiennent tous un peu de cette cérémonie de traversée des eaux dans un sens (naissance) ou dans l'autre (renaissance). S'imprégner des principes du processus suffit à se familiariser avec le phénomène baptismal et introduire naturellement le sacré dans notre quotidien.

La bénédiction de l'eau
L'eau bénite est un autre exemple de l'adoration que le mystique voue à l'eau. La bénédiction de l'eau demande l'utilisation de sel. Le sel de mer est un élément qui contient des principes importants que nous développerons plus loin avec les pratiques alchimiques en relation avec l'eau. L'imposition des mains également sera traitée à part quand nous aurons réunis les éléments permettant une synthèse.

Voici un rituel simplifié à l'essentiel de bénédiction de l'eau (d'après le formulaire de l'Abbé Julio) que vous pourrez vous adapter selon vos préférences.
1. Bénédiction du sel :
Dites "Notre aide est dans le nom du seigneur qui a créé le ciel et la terre. Seigneur exaucez ma prière et que mon cri monte jusqu'à vous"
Prenez un peu de sel, faites dessus le signe de croix disant "Je t'exorcise créature de sel + par le Dieu vivant + le Dieu véritable + le Dieu Saint, qui a voulu que tu soit jeté dans l'eau par le prophète Élisée pour guérir la stérilité de l'eau afin que tu devienne sel exorcisé pour le salut des croyants et que tu procures dans tous ceux qui te prendront la santé de l'âme et du corps &c…"
L'exorcisme consiste à purifier l'objet de son usage antérieur pour ensuite le consacrer à ce que nous souhaitons en faire maintenant (le bénir).
Priez : "Dieu Tout-puissant et Eternel, veuillez bénir + et sanctifier + cette créature de sel. Que tous ceux qui en useront obtiennent le salut de leur âme et la santé de leur corps et que tout ce qui en sera touché soit purifié de toute impureté. Par N-S J-C ainsi soit-il".
2. Bénédiction de l'eau :
Les mains placées sur l'eau dites : "Je t'exorcise créature de l'eau + au nom de Dieu le Père Tout-Puissant + au nom de Jésus-Christ  son Fils, notre Seigneur + et dans la Vertu du Saint-Esprit pour que tu devienne eau exorcisée qui dissipe toute puissance de l'ennemi &c…". Continuez : " Mon Dieu qui pour le salut des hommes avez établi avec la substance des eaux vos plus grands sacrements, entendez nos prières et sur cet élément qui doit servir à tant de purification, répandez votre + bénédiction afin que votre créature employée à vos mystères serve à faire fuir les démons, chasser la maladie, et purifier tous lieux ou toutes choses de toute souillure &c… par N-S J-C ainsi soit-il"
par 3 fois, en forme de croix, versez le sel dans l'eau en disant :
"Que ce mélange de sel et d'eau se fasse ensemble au nom+ du père, +du Fils, + et du Saint Esprit, Ainsi soit-il." … "Nous vous demandons Seigneur de regarder favorablement cette créature du sel et de l'eau, distinguez-là dans votre bonté, sanctifiez-là par la rosée de votre miséricorde afin que partout où elle soit répandue sous l'invocation de votre Saint Nom soit éloigné toute manifestation de l'esprit immonde et que la présence du Saint-Esprit daigne se faire sentir partout et sur nous tous. Par N-S J-C qui vit et règne avec vous, mon Dieu, dans l'unité de l'Esprit Saint, à travers tous les siècles, Ainsi soit-il. Sanctifiez, Seigneur, cette eau : donnez-lui pouvoir de nous soulager et de chasser toute maladie, de mettre en fuite les démons et de nous préserver de ses embûches + au nom du Père, + du Fils, + et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il."

Tout près de Salicornes vit un prêtre ouvrier qui semble pratiquer la bénédiction de l'eau d'une manière simplifiée à l'extrême et dont le rituel consisterai en un simple : " Que cette eau fasse du bien à tous ceux qui l'utiliseront ou seront en contact avec elle. + Au nom du Père, + du Fils, + et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il ". En bon chrétien il expliquerait que c'est la force du signe de croix qui lui donnerait sa vertu.

l'imposition des mains et le magnétisme
Comme je l'ai suggéré, ces rites contiennent plusieurs éléments notables qu'il faut maintenant détailler.
L'imposition des mains
L'imposition des mains, qui est avec la prière l'une des deux principales méthodes pour la guérison (Élie, Élisée, Jésus) est l'une des pratiques importantes qui nous intéressera avec l'eau. Qu'il s'agisse de magnétisme ou d'autre chose n'est pas très important, l'essentiel est de se familiariser avec la méthode. Avec la pratique, il est facile de se détacher de la raison du fonctionnement de ce genre de choses, l'essentiel restant l'utilité de ces pratiques. L'imposition des mains est indépendante du magnétisme, il s'agit d'un geste symbolique que le mystique fait avec détachement.
Le magnétisme
Le magnétisme lui, est une pratique plus proche du fonctionnement mécanique du monde auquel nous sommes plus familier, et le travail et les résultats sont progressifs.
Voici un exercice que j'ai appris autrefois dans une école préparatoire aux pratiques mystiques ou alchimiques (AMORC) qui consiste à magnétiser un verre d'eau chaque matin au lever et chaque soir au coucher.
Voici le détail du procédé : On prend un verre d'eau entre les mains, au bout des doigts, inspirer profondément en retenant l'air longtemps dans les poumons avant d'expirer, 10 fois, puis faire 10 autres respirations profondes en expirant complètement et en tenant les poumons vides le plus longtemps possible. Cela fait, boire l'eau.
Je pense que cet exercice que j'ai pratiqué pendant plusieurs années m'a permis de développer mon magnétisme et en même temps, m'a familiarisé avec notre élément favori aujourd'hui : l'eau.

2. Hahnemann, Steiner, Benvéniste, Emoto.

Un chercheur, Jacques Benvéniste, a tenté de mettre en lumière le fonctionnement de l'homéopathie par une nouvelle théorie : la mémoire de l'eau. La théorie de Benvéniste a été tellement combattue par les milieux autorisés qu'il est hors de doute que ce chercheur a mis le doigt sur un point important qui met en péril l'équilibre du dogme scientifique en vigueur.
Je n'ai pas assez étudié la question et j'ai quelques objections sur le rapprochement entre la théorie de la mémoire de l'eau et le fonctionnement de l'homéopathie (qui fonctionne aussi par des triturations sans eau ni aucun liquide). Je n'ai d'ailleurs, tout comme Hahnemann lui-même, son fondateur, aucune idée de la raison du fonctionnement de l'homéopathie (et tout comme Hahnemann encore, je n'en suis pas plus chagriné pour l'utiliser quand-même). Mais l'on ne peut plus s'empêcher de penser aujourd'hui que peut-être, l'eau a une "mémoire"…
Comment cette mémoire fonctionnerait-elle ? c'est très simple : il suffit d'inventer un système symbolique qui va permettre d'associer ce mécanisme mystérieux avec un modèle déjà existant. Tant qu'aucun rapport n'est fait avec un mécanisme que l'esprit conçoit déjà, nous ne pouvons pas en "expliquer" le fonctionnement. Il ne reste que l'expérience pour narguer notre esprit en produisant des phénomènes que nous ne pouvons concevoir, ou accepter (en d'autres termes, et pour employer une devise taoïste, "Une explication en vaut une autre", ce qui signifie que l'explication est un élément tout à fait accessoire, voir négligeable au besoin…).
Pour moi, la réaction de l'eau à une expérience est la manifestation de son caractère vivant, et ma conception de la vie s'en trouve  un peu plus embellie. Enfin, j'ai une nouvelle chose à aimer dans mon environnement, une nouvelle amie a qui parler… Entre parenthèses, j'ai la même relation avec la lumière, entre autres choses…
Un autre chercheur, moins "scientifique" que Benvéniste, Masaru Emoto, a repris un procédé développé par l'antroposophie (sur les traces de Rudolf Steiner), la cristallisation. Il s'agit d'informer de l'eau en lui transmettant un message ou un sentiment. La forme des micro-cristaux qui résultent de la congélation de cette eau semble répondre au message (cristaux harmonieux pour les pensées de paix, dis-harmonieux après avoir reçus les vibrations de musiques violentes et désorganisés). Emoto, qui a été lui aussi farouchement combattu et raillé par la communauté scientifique, a trouvé une manifestation de l'eau en réaction aux émotions, pensées, ou sons (parole, musique) auxquelles elle est exposée. L'harmonie des cristaux de l'eau gelé après avoir été exposée semble révéler la qualité des vibrations (mais l'harmonie n'est pas une notion connue des scientifiques, d'ailleurs cela se voit bien si l'on regarde leurs réalisations). Emoto voyait dans sa découverte un moyen de répandre la paix dans le monde en informant l'eau d'un message que l'on peut lui envoyer (c'est un but qui intéresse les alchimistes désireux de fusionner dans l'univers, désireux de retrouver leur vrai nature qui est l'univers lui-même).
Pour revenir à Samuel Hahnemann et à l'homéopathie, je ne suis pas sûr que l'eau ait une importance majeure dans la fabrication des remèdes homéopathiques. En revanche, d'autres principes alchimiques sont mis en jeu dans cette médecine qui est directement inspirée par les principes alchimiques (notamment les feux secrets pour vivifier les remèdes, dynamisation notamment). Ce n'est pas étonnant puisque Hahnemann était un médecin paracelsien, comme il était fréquent en Allemagne au XVIII° siècle.
Rudolf Steiner lui, également paracelsien, a largement utilisée la technique de la dilution et la dynamisation (mise en mouvement du liquide) homéopathique dans le développement de sa technique agricole : la biodynamie.

Résumé

Dans cette seconde partie, nous avons vu différentes pratiques destinées à vivifier l'eau, ou à l'informer. Les pratiques de bénédictions sont à rapprocher des informations de Emoto par la pensée ou les paroles de paix et d'amour que nous pouvons envoyer à notre matrice de la vie et de l'existence. La magnétisation de l'eau par les mains et la respiration sont une autre façon de transmettre notre intention. Les techniques de dynamisation inspirées du mouvement omniprésent dans l'univers, mouvement circulaire des planètes en particulier, tels qu'utilisés par Samuel Hahnemann (mouvement violent de va et vient) ou Rudolf Steiner (mouvement circulaire) rajoutent à la revivification de l'eau. L'observation de l'eau vive des rivières parfois impétueuses (cascades) donne une information précieuse sur la vie de l'eau (pour qui n'a pas peur de rencontrer la Vouivre…). Enfin, la solarisation telle que nous l'avons fait à l'apér-eau (lumière droite des rayons solaires, champs magnétique) rajoute aux "trucs" utiles pour "féconder" l'eau. À propos du champ magnétique, il est connu que l'utilisation d'aimants autours des canalisations d'eau la dynamise, et remet en solution les sels minéraux et les oligo-éléments.
À partir de là, on peut à l'infini imaginer d'autres procédés pour raviver l'eau ou pour s'imprégner de ses vertus nourrissantes et matricielles. Par exemple, l'observation des reflets du soleil levant dans l'eau d'une rivière peut activer certaines fonctions du cerveau (travail sur les phosphènes), et nourrir certaines glandes qui amélioreront notre santé (travail sur la glande pinéale).

Ces différentes méthodes sont à ajouter à notre panel de techniques et pratiques alchimiques dans le cadre du travail de l'eau en écologie sacrée (l'alchimie).

3. La Nature Dévoilée, les deux voies de la ND. en pratique.

Introduction
Nous y voilà ! Avec les données présentées ci-avant, il va être plus facile de mettre en pratique l'enseignement clair et limpide de ce grand classique de l'alchimie moderne (XVIII° s.).

La Nature Dévoilée explique que toute vie nait de l'eau de pluie (avec la rosée, la neige &c…). Elle explique que cette eau vient de l' "eau chaotique" primordiale. Ce chaos est la raison première de l'existence, autrement dit, et en raccourcissant un peu, l'énergie créatrice du monde (le créateur). Elle démontre comment cette eau contient les deux éléments qui sont les semences de toutes choses : le nitre et le sel. Ces deux éléments sont mis en évidence par la fermentation, mystérieuse opération divine qui permet la transformation de toutes choses, donc la création et la destruction de toutes choses. C'est le cycle de la vie, la mort étant pour nous un élément du cycle de la vie dans son ensemble.
La "fermentation", parfois appelée "putréfaction" est la clé de la vie. Toute chose ici-bas lui est soumise, c'est la vie.
Je considère les éléments qui produisent la décomposition des choses, c'est à dire qui activent cette fermentation avec une vénération particulière : ce sont les éléments actifs de la vie, la clé de l'existence, le souffle de l'Éternel. Ce sont les levures ou les enzymes pour le règne végétal, ou les micro-organismes qui produisent l'ammoniaque chez les animaux ; les champignons &…

Le principal travail proposé par la ND est la mise en fermentation de l'eau, puis la séparation des éléments qui se révèlent dans sa composition (le Nitre et le Sel).
Je ne saurais dire si un organisme particulier est chargé de la décomposition, la fermentation, de l'eau de pluie (qui n'appartient pas à un règne comme les végétaux &c…), mais on connait des facteurs qui favorisent la putréfaction de cet élément "universel", ce sont les conditions qui ont présidées à la création de l'existence, c'est à dire les Feux Secrets.
Ces feux sont ici principalement la foudre, née du champ électro-magnétique créé par la relation entre le ciel et la terre. Sur le plan physique, cette petite étincelle cosmique est responsable de la création pure et simple de l'élément eau, fruit de la combinaison de l'hydrogène et de l'oxygène. L'eau issue des foudres de Jupiter contiendra plus des éléments fécondants à l'origine de la vie : le nitre et le sel et sera plus apte à la fermentation.

Le travail du Ghur et de l'Archeus
La première méthode de la ND consiste à mettre une certaine quantité d'eau de pluie d'orage dans un tonneau (un grand ballon en verre peut très bien faire l'affaire) à l'abri de la lumière, la chaleur, la poussière &c… Le récipient est fermé par une gaze. Nos bonnes pensées accompagneront cette fermentation qui n'est pas aussi visible que dans le tonneau du vigneron ou du bouilleur de cru. Dans le meilleur des cas, vous verrez apparaitre un genre de trouble dans le liquide et un léger dépôt au fond : votre eau s'est mise en fermentation et les éléments sont prêts à servir leur dessein terrestre (ils sont actifs). Il faudra ensuite distiller votre liquide (remuer pour tout mélanger avant la distillation) très lentement pour ne rien abimer (par évaporation mais sans ébullition). Le premier quart du liquide passé contiendra le "ciel" (l'élément feu) et l' "air" (l'élément air) qu'il faudra mettre à part. La seconde partie de la distillation durera jusqu'à l'apparition d'un trouble au fond du ballon, vous aurez alors l' "eau". enfin, le reste sera distillé avec beaucoup de douceur pour isoler la "terre". La suite des opérations consistera à imbiber cette terre d'une proportion choisie des éléments supérieurs pour favoriser la génération spontanée de minéraux (avec l'élément eau), ou de végétaux (avec l'eau et un peu de air et ciel), ou enfin d'animaux avec un peu d'eau et beaucoup d'air et ciel. À chaque étape, la terre doit être nourrie par une succession d'imbibitions et de séchages doux et lents, tout cela fait dans de bonnes conditions de maturation (dans l'Athanor, c'est à dire dans un endroit "chauffés" par des feux secrets (douce chaleur, champs magnétiques, ondes harmonieuses, ondes de formes &c… selon les possibilités). Ces opérations se feront dans la pénombre qui favorise la gestation.
La ND donne le processus détaillé de la façon d'amender cette terre pour la rendre fertile et promet l'apparition de minéraux, puis de végétaux, enfin, d'animaux.
Ce travail que j'ai fait partiellement pendant mes premières années d'apprentissage alchimique permet effectivement de se convaincre du bien-fondé du phénomène de génération spontanée. De plus, il nous redonne confiance dans la promesse de l'alchimie qui dit que l'alchimiste peut restaurer la nature souffrante (l'alchimiste, écologiste sacré et pratique…). Plus simplement, il donne de précieuses indications aux agriculteurs sur le rôle de l'eau pour la végétation et comment le magnifier.

L'apparition du Sel et du Nitre dans l'eau de pluie
Sur les mêmes bases d'eau de pluie putréfiée, la ND propose un autre travail qui a un écho aujourd'hui avec les travaux d'un alchimiste espagnol dont nous parleront plus loin et qui met en évidence le Spiritus Mundi, l'Âme du Monde, le sperme qui est à l'origine de la vie, et de la matière qui est issue de cette vie.
Le travail consiste à évaporer les deux tiers d'un ballon de cette eau putréfiée pour ne garder que le dernier tiers, et mettre ce ballon fermé dans un autre récipient plein d'eau dans un ensemble fermé (l'Athanor). L'auteur promet qu'en peu de temps (entre une journée d'après la ND et 6 mois d'après des expériences récentes proches de ce procédé), une cristallisation apparaitra sur les bords du ballon alors qu'un dépôt reposera au fond. Il semble qu'après avoir séchés ces deux éléments, et en les chauffant, les cristaux fulminent : c'est le Nitre contenu dans l'eau de pluie d'orage, et le dépôt crépite : c'est le Sel. Ces deux éléments seraient les deux spermes masculin et féminin fécondant le monde.
Je n'ai pas réalisé cette dernière expérience (mais c'est en projet pour le printemps prochain !), mais un travail moderne inspiré de celui-ci semble confirmer le bien-fondé du procédé.
Un certain Rhoend, alchimiste espagnol inspiré notamment par Stéphane Barillet (qui est un alchimiste et pédagogue français qui diffuse son enseignement sur Internet) fait apparaitre ce Spiritus Mundi en laissant un ballon vide et fermé plongé dans un autre qui est rempli d'eau dans un milieu obscur (entouré d'un manteau fait d'une couche métallique et d'une couche de bois ou carton &c… (matière organique) peut-être à la manière des caissons à orgone de Reich (qui sont des condensateurs d'énergie cosmique permettant d'enfermer cette énergie dans une boite, ce qui en fait d'excellents athanor alchimiques). L'ensemble est soumis à une chaleur douce (35° c. environ) pendant 6 mois. À l'issue de cette lente maturation, un peu d'eau pourrait apparaitre au fond du ballon vide, une eau qui ne mouille pas les mains lorsqu'on la touche… Cette "eau" qui est un condensé d'énergie cosmique créatrice du monde permettrait de revivifier les minéraux endormis pour leur permettre une nouvelle vie (c'est la promesse de la transmutation en or).
Je vais travailler à ces expériences dans les temps qui viennent et je pourrai alors mieux vous en parler.

Cela nous amène à reparler du Sel, Sel principiel ou Sel de Mer. Voyons…

Le Sel
Le sel de mer est souvent utilisé en alchimie comme s'il constituait réellement  le principe "Sel". Or il se trouve que la plupart des livres d'alchimie nous mettent en garde sur le fait que les principes (Sel, Soufre, Mercure) ne sont pas les éléments chimiques de mêmes noms. En fait, c'est vrai que les principes désignent des principes, des états de la vie et de la matière, alors que les éléments désignent des matières physiques, chimiques, qui peuvent nous servir dans nos travaux. Il faut donc prendre garde à ne pas confondre principe et élément. Mais cela n'empêche pas q'un principe peut être incarné par un élément du même nom (quel hasard !), et c'est le cas pour notre sel de mer qui sert à juste titre de Sel alchimique dans de nombreux travaux.
Mais qu'est-ce que ce Sel de Mer ?
D'après la conception alchimique du monde, le sel est une concrétion, une condensation de la lumière solaire (l'élément créateur) que l'eau (la matrice) reçoit et fait vivre par sa surface en forme de loupe (qui redresse les rayons solaires affaiblis par la traversée de l'atmosphère) et par son mouvement régulier réglé par les cycles lunaires (la lune est, comme la mer, l'eau par excellence, une incarnation de l'Éternel, ou plutôt de l'Éternelle, la parèdre du Dieu solaire, Créateur des mondes). Ce Sel est le fruit de l'influence solaire dans la matrice marine et lunaire. Si le Soleil est le Père, la Lune/Mer elle, est la Mère, le Sel de Mer est lui-même sans aucun doute leur enfant concentrant les énergies conjointes de ses parents primordiaux.

Voyons maintenant un travail sur l'eau et le sel :

la récolte de la rosée
Voici un procédé de récolte de la rosée qui utilise les principes vu précédemment dans le but de faire l' "Alkaest", le dissolvant universel.
D'abord, pourquoi cherche t'on un dissolvant ?
L'eau, l'eau simple, est réputée être un puissant dissolvant. la dissolution est un phénomène de destruction d'un état et peut donc être apparentée à une fermentation (une mortification). Souvenons-nous que la fermentation est la clé du cycle de la vie, et que si une chose nous intéresse par-dessus tout, c'est bien de comprendre la vie, cette vie qu'incarne l'Éternel(le), la Création, qui est l'origine et le but de tout, et donc l'origine et le but de l'homme (c'est pourquoi les kabbalistes disent parfois que YHVH est le véritable nom de l'homme). À ce titre, le dissolvant universel devrait contenir plus d'un secret concernant la vie, et être d'une grande utilité dans nos travaux.
La rosée que l'on va récolter maintenant sera captée par le sel, notre Alkaest sera un composé de sel de mer et du sel astral mis en évidence dans nos précédents travaux (c'est Ghur et Archeus, ou Nitre et Sel).
En pratique
Il s'agit de mettre du sel de cuisine en déliquescence lors des pleines lunes de printemps, puis de distiller la déliquescence (la pâte composée de sel humidifié posée sur une plaque de verre qui aura coulée dans un petit flacon placé sous le dispositif). Cela consiste à disposer une très fine couche de sel bien sec sur une plaque de verre inclinée face au sud (face à la lune) avec deux petits bords (tiges de bois par exemple) collés sur les côtés de la vitre de façon à diriger le sel dégoulinant vers un entonnoir et un flacon placés en dessous du système.
Le sel aura été préalablement préparé par une dissolution dans l'eau suivie d'une filtration et d'une évaporation (cela donne de jolis cristaux), cette purification par l'eau sera suivie par une purification par le feu, ce qui consiste, de la façon la plus simple, à faire crépiter les cristaux préalablement passés au mortier pour les sécher.
La distillation qui suivra (si vous avez eu de la rosée… car cela ne marche pas tous les jours…) se fera à la tête-de-maure ou la cornue, sous les rayons du soleil.
Par ce procédé, j'ai déjà obtenu une eau qui sentait l'acide chlorhydrique (seulement lors de nuits de pleines lunes de printemps).
Cette eau, ou ce sel humide si l'on ne le distille pas permet l'extraction de puissants principes vitaux si l'on fait fermenter des végétaux avec. Cette fermentation de végétaux dans ce sel est donc une choucroute philosophique, une lacto-fermentation alchimique.


4. Conclusion.

Il nous reste à entrer dans le monde de la vie avec l'aide de cette philosophie expérimentale et de faire ces travaux relativement simples qui vont acuer notre compréhension du phénomène de la vie par la connaissance de l'eau mère de tous les vivants… La connaissance de la nature devrait nous rapprocher de notre vraie nature, et notre mode de vie nous guider vers notre idéal de participer à ce mouvement que nous avons initié ce WE d'écologie sacrée…
Les applications (guérison, techniques agricoles, technologies utilisant les énergies libres &c…) se concrétiseront, en harmonie avec notre monde actuel qui, malgré son apparence malade, reste le monde divin, le monde qui nous attend (le Olam Ha-Ba d'Aboulafia)…

Il resterai à faire une relation entre le premier chapitre de la genèse et cette cosmologie alchimique de la création de la vie par l'eau de pluie. Nous avons vu un peu d'alchimie pratique, nous verrons une prochaine fois un peu de Kabbale pratique, vous verrez, les mots changent, mais le fond reste le même…

Références :
La Nature Dévoilée est éditée chez Dervy, La version complète est éditée chez Sésheta Publications sous le nom de La Chaine d'Or d'Homère.
• Stéphane Barillet diffuse son enseignement sur son site cfio.fr (je recommande Le Grand-Œuvre Alchimique pour débuter, et pour continuer…)
• On trouve des Têtes-de-Maures pas trop chère chez Thadeustitus, boutique de Ebay (attention à ce que les frais de port ne s'accumulent pas dans la commande). Ce marchand est souvent fermé, soyez patients !


Matthieu Léon, Septembre 2016

 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau