Le Livre de la Loi (liber Al vel Legis SF. 220)

Liber CCXX, Le Livre de la Loi

(Traduction par Matthieu Léon & Philippe Pissier, 1997 © Les Gouttelettes de Rosée 1997. La reproduction non commerciale de ce texte est autorisée à condition de citer les traducteurs.)

Premier Chapitre

 

1. Had ! La manifestation de Nuit.

2. Le dévoilement de l’assemblée du ciel.

3. Chaque homme et chaque femme est une étoile.

4. Chaque nombre est infini ; il n’y a pas de différence.

5. Aide-moi ô seigneur guerrier de Thèbes, en mon dévoilement devant les Enfants des hommes !

6. Sois Hadit, mon centre secret, mon cœur & ma langue !

7. Vois ! ceci est révélé par Aiwass le ministre de Hoor-paar-kraat.

8. Le Khabs est dans le Khu, non le Khu dans le Khabs.

9. Adore donc le Khabs, et contemple ma lumière répandue sur toi !

10. Que mes serviteurs soient peu & secrets : ils règneront sur la multitude & le connu.

11. Ce sont des fous que les hommes adorent ; leurs Dieux & leurs hommes sont également fous.

12. Montrez vous, ô enfants, sous les étoiles, & prenez votre comble d’amour !

13. Je suis au-dessus de vous et en vous. Mon extase est dans la vôtre. Ma joie est de voir votre joie.

14. Là-haut, l’azur gemmé est

La splendeur nue de Nuit ;

      Elle ploie dans l’extase pour embrasser

Les ardeurs secrètes d’Hadit.

      Le globe ailé, le bleu étoilé,

      Sont miens, ô Ankh-af-na-khonsu !

15. Maintenant saurez-vous que le prêtre & apôtre élu de l’espace infini est le prince-prêtre la Bête ; et en sa femme appelée la Femme Ecarlate est tout pouvoir donné. Ils rassembleront mes enfants en leur bercail : ils apporteront la gloire des étoiles dans le cœur des hommes.

16. Car il est à jamais un soleil, et elle une lune. Mais à lui est la secrète flamme ailée, et à elle la voûte de lumière stellaire.

17. Mais vous n’êtes pas ainsi élus.

18. Brûle sur leurs fronts, ô splendide serpent !

19. O femme aux paupières azurées, ploie sur eux !

20. La clé des rituels est dans le mot secret que je lui ai donné.

21. Avec le Dieu & l’Adorateur je suis rien : ils ne me voient pas. Ils sont tels que sur terre ; je suis le Ciel, et il n’y a d’autre Dieu que moi, et mon seigneur Hadit.

22. Maintenant, donc, je suis connue de vous par mon nom Nuit, et de lui par un nom secret que je lui donnerai lorsqu’enfin il me connaîtra. Puisque je suis Infini Spatial et son Infini Stellaire, de même faites ainsi. Ne liez rien ! Qu’il n’y ait pas de différence faite parmi vous entre telle chose & telle autre chose ; car de là vient la douleur.

23. Mais quiconque prévaut en cela, qu’il soit le chef de tous !

24. Je suis Nuit et mon mot est six et cinquante.

25. Divise, aditionne, multiplie, et comprends.

26. Puis le prophète et esclave de la belle dit : Qui suis-je, et quel sera le signe ? Alors lui répondit-elle, se penchant, une chatoyante flamme de bleu, touchant tout, pénétrant tout, ses mains adorables sur la terre noire, & son corps souple arqué pour l’amour, et ses pieds délicats ne faisant aucun mal aux petites fleurs : Tu sais ! Et le signe sera mon extase, la conscience de la continuité de l’existence, l’omniprésence de mon corps.

27. Alors le prêtre répondit & dit à la Reine de l’Espace, embrassant ses adorables sourcils, et la rosée de sa lumière baignant tout son corps d’un doux parfum de sueur : ô Nuit, continue du Ciel, qu’il en soit toujours ainsi, que les hommes ne parlent pas de Toi comme Une mais comme Aucune, et qu’ils ne parlent pas du tout de toi puisque tu es continue !

28. Aucune, exhala la lumière, pâle & féerique, des étoiles, et deux.

29. Car je suis divisée par égard pour l’amour, pour l’opportunité de l’union.

30. Ceci est la création du monde, que la souffrance de la division est comme rien, et la joie de la dissolution tout.

31. De ces fous d’hommes et leurs malheurs ne te soucie pas ! Ils ressentent peu ; ce qui est, est équilibré par de faibles joies ; mais vous êtes mes élus.

32. Obéissez à mon prophète ! poursuivez les épreuves de ma connaissance ! ne recherchez que moi ! Alors les joies de mon amour vous délivreront de toute souffrance. C’est ainsi : je le jure par la voûte de mon corps ; par mon cœur et ma langue sacrés ; par tout ce que je puis donner, par tout ce que je désire de vous tous.

33. Alors le prêtre entra dans une transe profonde ou pâmoison & dit à la Reine du Ciel ; Ecris-nous les épreuves ; écris-nous les rituels ; écris-nous la loi !

34. Mais elle dit : les épreuves je n’écris point : les rituels seront à moitié connus et à moitié cachés : la Loi est pour tous.

35. Ce que tu écris est le triple livre de Loi.

36. Mon scribe Ankh-af-na-khonsu, le prêtre des princes, ne devra pas d’une seule lettre changer ce livre ; mais de crainte qu’il n’y ait folie, il le commentera par la sagesse de Râ-Hoor-Khu-it.

37. De même les mantras et les incantations ; l’obéah et le wanga ; l’œuvre de la baguette et l’œuvre de l’épée ; ceux-ci apprendra-t-il et enseignera-t-il.

38.  Il doit enseigner ; mais il peut rendre difficiles les épreuves.

39. Le mot de la Loi est Thelema.

40. Qui nous appelle Thélémites ne se trompera pas, s’il regarde d’assez près le mot. Puisqu’il recèle Trois Grades, l’Ermite et l’Amoureux et l’homme de la Terre. Fais ce que tu voudras sera toute la Loi.

41. Le mot du Péché est Restriction. Ô homme ! ne refuse pas ta femme si elle veut ! Ô amoureux, si tu le veux, pars ! Il n’est d’autre lien que l’amour qui puisse unir le divisé : tout autre est une malédiction. Maudit ! Maudit soit-il pour les éons ! Enfer.

42. Que soit cet état de multitude lié et odieux. Ainsi avec ton tout ; tu n’as nul droit hormis faire ta volonté.

43. Fais ainsi, et nul ne dira nenni.

44. Car le pur vouloir, inassouvi d’objet, libéré de la soif de résultat, est en tout point parfait.

45. Le Parfait et le Parfait sont un Parfait et non deux ; non, ne sont aucun !

46. Rien est une clé secrète de cette Loi. Soixante et un les Juifs l’appellent-ils ; je l’appelle Huit, Quatre-vingts, quatre-cent dix-huit.

47. Mais ils ont la moitié : unis par ton art de sorte que tout disparaisse.

48. Mon prophète est un fou avec son un, un, un ; ne sont-ils point le Bœuf, et aucun par le Livre ?

49. Abrogés sont tous rituels, toutes épreuves, tous mots et signes. Râ-Hoor-Khuit a pris sa place à l’Est à l’Equinoxe des Dieux ; et que Asar soit avec Isa, qui eux aussi sont un. Mais ils ne sont pas de moi. Que Asar soit l’adorant, Isa la dolente ; Hoor en sa splendeur et son nom secret est le Seigneur initiant.

50. Il y a un mot à dire au sujet de la tâche Hiérophantique. Vois ! il y a trois épreuves en une, et elle peut être donnée de trois manières. Le brut doit passer par le feu ; que le subtil soit éprouvé par l’intellect, et les élus sublimes, par le plus haut. Ainsi avez-vous étoile & étoile, système & système ; qu’aucun ne connaisse bien l’autre !

51. Il y a quatre portes à un palais ; le sol de ce palais est d’argent et d’or ; lapis lazuli & jaspe sont là ; et tous parfums rares ; jasmin & rose, et les emblèmes de la mort. Qu’il franchisse les quatre portes l’une après l’autre ou en même temps ; qu’il se tienne sur le sol du palais. Ne sombrera-t-il pas ? Amn. Hé ! guerrier, si ton serviteur sombre ? Mais il y a moyens et moyens. Pour cette raison soyez beaux : revêtez-vous tous de belles parures ; mangez des mets succulents et buvez des vins doux et des vins qui moussent ! Aussi, prenez votre comble et votre désir d’amour à volonté, quand, où, et avec qui vous le voulez ! Mais toujours pour moi.

52. Si cela n’est pas juste ; si tu confonds les marques de l’espace, disant : Elles sont unes ; ou disant, Elles sont plusieurs ; si le rituel ne m’est pas toujours consacré : alors attends-toi aux inquiétants jugements de Râ Hoor Khuit !

53. Ceci régénérera le monde, le petit monde ma sœur, mon cœur & ma langue, vers qui j’envoie ce baiser. Aussi, ô scribe et prophète, bien que tu sois des princes, ceci ne t’assouvira ni te t’absoudra. Mais que l’extase soit tienne et joie de la terre : toujours Pour moi ! Pour moi !

54. Ne change pas plus que le style d’une lettre ; car vois ! toi, ô prophète, ne contempleras point tous ces mystères qui sont cachés.

55. L’enfant de tes entrailles, lui les verra.

56. Ne l’attends ni de l’Est, ni de l’Ouest ; car d’aucune demeure attendue ne vient cet enfant. Aum ! Tous les mots sont sacrés et tous les prophètes sont vrais ; sauf qu’ils ne comprennent qu’un peu ; résous la première moitié de l’équation, laisse la seconde inattaquée. Mais tu as tout à la claire lumière, et un peu, quoique pas tout, dans l’obscurité.

57. Invoque moi sous mes étoiles ! L’amour est la loi, l’amour sous la volonté. Ni ne laisse les fous se méprendre sur l’amour ; car il y a amour et amour. Il y a la colombe, et il y a le serpent. Choisissez bien ! Lui, mon prophète, a choisi, connaissant la loi de la forteresse, et le grand mystère de la Maison de Dieu. Toutes ces vieilles lettres de mon Livre sont correctes ; mais x n’est pas l’Etoile. Cela aussi est secret ; mon prophète le révélera aux sages.

58. Je donne d’inimaginables joies sur terre : certitude, non foi, pendant la vie, sur la mort ; paix indicible, repos, extase ; ni ne demande quoi que ce soit en sacrifice.

59. Mon encens est de bois résineux & de gommes ; et il n’y a pas de sang en lui ; à cause de mes cheveux les arbres de l’Eternité.

60. Mon nombre est 11, comme tous leurs nombres qui sont des nôtres. L’Etoile à Cinq Branches, avec un Cercle en son Milieu, & le cercle est Rouge. Ma couleur est noire pour l’aveugle, mais le bleu & l’or sont vus du voyant. J’ai aussi une gloire secrète pour ceux qui m’aiment.

61. Mais m’aimer est mieux que toute chose : si sous les étoiles de la nuit dans le désert, tu brûles à présent mon encens devant moi, m’invoquant d’un cœur pur, et la flamme Serpent au-dedans, viendras-tu un peu en mon sein t’y reposer. Pour un baiser voudras-tu alors tout donner ; mais quiconque donnera ne serait-ce qu’un grain de poussière perdra tout en cette heure. Vous rassemblerez des biens et abondance de femmes et d’épices ; vous porterez de riches joyaux ; vous surpasserez les nations de la terre en splendeur & fierté ; mais toujours pour l’amour de moi, et ainsi viendrez-vous à ma joie. Je vous charge instamment de venir devant moi dans une seule robe, et couvert d’une riche coiffe. Je t’aime ! Je te désire ! Pâle ou pourpre, voilée ou voluptueuse, moi qui suis tout plaisir et pourpre, et ivresse du sens le plus intime, te désire. Revêts les ailes et éveille la splendeur lovée en toi : viens à moi !

62. A toutes mes rencontres avec toi la prêtresse dira - et ses yeux brûleront de désir alors qu’elle se tiendra nue et réjouie dans mon Temple Secret - Pour moi ! Pour Moi ! appelant la flamme du cœur de tous en son chant d’amour.

63. Chante pour moi l’extatique chant d’amour ! Brûle pour moi des parfums ! Porte pour moi des joyaux ! Bois pour moi, puisque je t’aime ! Je t’aime !

64. Je suis la fille du Crépuscule, aux paupières azurées, je suis la brillance nue du voluptueux ciel nocturne.

65. Pour moi ! Pour moi !

66. La Manifestation de Nuit est à sa fin.

 

Second Chapitre

 

1. Nu ! la dissimulation de Hadit.

2. Venez ! vous tous, et apprenez le secret qui n’a pas encore été révélé. Moi, Hadit, suis le complément de Nu, mon épousée. Je ne suis pas déployé, et Khabs est le nom de ma Maison.

3. Dans la sphère je suis partout le centre, de même qu’elle, la circonférence, n’est nulle part trouvée.

4. Néanmoins elle sera connue & moi jamais.

5. Vois ! les rituels de l’ancien temps sont noirs. Que les mauvais soient exclus ; que les bons soient purifiés par le prophète ! Alors cette Connaissance ira bien.

6. Je suis la flamme qui brûle dans tout cœur d’homme, et au noyau de chaque étoile. Je suis la Vie, et le dispensateur de Vie, cependant par là-même la connaissance de moi est la connaissance de la mort.

7. Je suis le Magicien et l’Exorciste. Je suis l’axe de la roue, et le cube dans le cercle.“Viens à moi” est une parole folle : car c’est moi qui vais.

8. Ceux qui ont adoré Heru-pa-kraath m’ont adoré ; malheur, car je suis l’adorateur.

9. Souvenez-vous tous que l’existence est pure joie ; que toutes les souffrances sont comme des ombres ; elles passent & disparaissent ; mais il y a ce qui demeure.

10. Ô prophète ! tu mets de la mauvaise volonté à apprendre cet écrit.

11. Je te vois haïr la main & la plume ; mais je suis plus fort.

12. A cause de moi en Toi que tu ne connaissais pas.

13. pourquoi donc ? Parce que tu étais le connaissant, et moi.

14. Maintenant, que tombe un voile sur ce sanctuaire : maintenant que la lumière dévore les hommes et les consume par la cécité !

15. Car je suis parfait, étant Pas ; et mon nombre est neuf par les fous ; mais avec le juste je suis huit, et un en huit : Ce qui est vital, car je ne suis aucun en vérité. L’Impératrice et le Roi ne sont pas de moi ; car il existe un secret plus profond.

16. Je suis l’Impératrice & le Hiérophante. Donc onze, comme mon épousée est onze.

17. Ecoutez-moi, vous, peuple de soupirs !

          Les chagrins de la souffrance et du regret

       Sont laissés aux morts et aux mourants,

         Ceux qui ne me connaissent pas encore.

18. Ceux-là sont morts, ces semblables ; ils ne ressentent pas. Nous ne sommes pas pour les pauvres et les tristes : les seigneurs de la terre sont nos parents.

19. Un Dieu va-t-il vivre dans un chien ? Non ! mais les plus hauts sont des nôtres. Ils se réjouiront, nos élus : qui s’afflige n’est pas des nôtres.

20. Beauté et force, rire éclatant et délicieuse langueur, force et feu, sont nôtres.

21. Nous n’avons rien à faire avec les pariats et les incapables : qu’ils meurent dans leur misère. Car ils ne ressentent pas. La compassion est le vice des rois : piétine les misérables & les faibles : c’est la loi du fort : c’est notre loi et la joie du monde. Ne réfléchis pas, ô roi, à ce mensonge : Que Tu Dois Mourir : en vérité tu ne mourras pas, mais vivras. Que ceci soit maintenant compris : Si le corps du Roi se dissout, il demeurera à jamais dans une pure extase. Nuit ! Hadit ! Râ-Hoor-Khuit ! Le Soleil, la Force & la Vue, la Lumière ; ceux-ci sont pour les serviteurs de l’Etoile & du Serpent.

22. Je suis le Serpent qui donne Connaissance & Plaisir et gloire éclatante, et attise le cœur des hommes dans l’ivresse. Pour m’adorer prends du vin et d’étranges drogues dont je parlerai à mon prophète, & enivre-t-en ! Ils ne te feront aucun mal. C’est un mensonge, cette folie contre soi-même. L’étalage de l’innocence est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de toutes choses des sens et du ravissement : n’aie crainte que quelque Dieu ne te renie pour cela.

23. Je suis seul : il n’y a pas de Dieu où je suis.

24. Vois ! ce sont de graves mystères ; car il est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de magnifiques femmes bestiales aux membres forts, avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d’abondantes chevelures flamboyantes autour d’elles ; là les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y aura en eux une joie un million de fois plus grande que cela. Prends garde de crainte qu’un n’en contraigne un autre, Roi contre Roi ! Aimez-vous les uns les autres avec des cœurs ardents ; foulez aux pieds les hommes vils dans l’appétit féroce de votre fierté, au jour de votre courroux.

25. Vous êtes contre le peuple, Ô mes élus !

26. Je suis le Serpent secret lové prêt à bondir : dans mes anneaux il y a de la joie. Si je lève la tête, moi et ma Nuit sommes un. Si j’abaisse la tête et crache du venin, alors est le ravissement de la terre, et moi et la terre sommes un.

27. En moi réside un grand danger ; car qui ne comprend pas ces runes commettra une grande erreur. Il tombera dans le puits appelé Parce Que, et là il périra avec les chiens de la Raison.

28. Maintenant une malédiction sur Parce Que et sa parenté !

29. Puisse Parce Que être maudit à jamais !

30. Si la Volonté s’arrête et s’écrie Pourquoi, invoquant Parce Que, alors la Volonté s’arrête & ne fait rien.

31. Si le Pouvoir demande pourquoi, alors le Pouvoir est faiblesse.

32. La raison aussi est un mensonge ; puisqu’il existe un facteur infini & inconnu ; & toutes leurs paroles sont de travers.

33. Assez de Parce Que ! Qu’il soit damné comme un chien !

34. Mais vous, ô mon peuple, levez-vous & éveillez-vous !

35. Que les rituels soient célébrés correctement avec joie & beauté !

36. Il y a des rituels des éléments et des fêtes des temps.

37. Une fête pour la première nuit du Prophète et son Epousée !

38. Une fête pour les trois jours de l’écriture du Livre de la Loi.

39. Une fête pour Tahuti et l’enfant du Prophète — secret, Ô Prophète !

40. Une fête pour le Rituel Suprême, et une fête pour l’Equinoxe des Dieux.

41. Une fête pour le feu et une fête pour l’eau ; une fête pour la vie et une plus grande fête pour la mort.

42. Une fête chaque jour en vos cœurs dans la joie de mon ravissement !

43. Une fête chaque nuit pour Nu, et le plaisir de l’extrême délice !

44. Oui ! festoie ! réjouis-toi ! il n’y a plus de crainte pour plus tard. Il y a la dissolution, et une éternelle extase dans les baisers de Nu.

45. Il y a la mort pour les chiens.

46. Echoues-tu ? As-tu des regrets ? La crainte est-elle en ton cœur ?

47. Où je suis ceux-ci ne sont pas.

48. N’aie de pitié pour les déchus ! Je ne les ai jamais connus. Je ne suis pas pour eux. Je ne console pas : je hais le consolé & le consolateur.

49. Je suis unique & conquérant. Je ne suis pas des esclaves qui périssent. Qu’ils soient damnés & morts ! Amen. (Ceci est des 4 : il est un cinquième qui est invisible, & dans lequel suis-je comme un bébé dans un œuf.)

50. Je suis bleu, et or à la lumière de mon épousée : mais la lueur rouge est dans mes yeux ; & mes paillettes sont pourpres & vertes.

51. Pourpre au-delà du pourpre : c’est la lumière dépassant la portée de la vue.

52. Il y a un voile : ce voile est noir. C’est le voile de la femme pudique ; c’est le voile de la tristesse, & le linceul de la mort : ceci n’est en rien de moi. Abats ce spectre mensonger des siècles : ne voiles pas tes vices par des mots vertueux : ces vices sont mon service ; tu fais bien, & je te récompenserai ici et dans l’au-delà.

53. N’aie crainte, ô prophète, lorsque ces paroles seront dites, tu ne le regretteras pas. Tu es absolument mon élu ; et bénis sont les yeux sur lesquels tu poseras un regard d’allégresse. Mais je te cacherai sous un masque de tristesse : ceux qui te verront craindront que tu ne sois déchu : mais je t’élève.

54. Pas plus ne prévaudront ceux qui hurlent leur folie que tu ne représentes rien ; tu le révéleras : tu prévaux : ils sont les esclaves de parce que : Ils ne sont pas de moi. Les points comme tu veux ; les lettres ? n’en change ni le style ni la valeur !

55. Tu obtiendras l’ordre & la valeur de l’Alphabet Anglais ; tu découvriras de nouveaux symboles à leur attribuer.

56. Hors d’ici ! vous les moqueurs ; quand bien même vous ririez en mon honneur vous ne ririez pas longtemps : alors quand vous serez tristes sachez que je vous ai délaissés.

57. Celui qui est droit restera droit ; celui qui est immonde restera immonde.

58. Oui ! ne croyez pas au changement : vous serez tels que vous êtes, & point autre. Ainsi les rois de la terre seront Rois pour toujours : les esclaves serviront. Il n’est aucun qui sera abaissé ou élevé : tout est toujours comme ce fut. Néanmoins il y a des masqués mes serviteurs : il se peut que ce mendiant là-bas soit un Roi. Un Roi peut choisir son vêtement comme il le veut : il n’est pas de vérification certaine : mais un mendiant ne peut cacher sa pauvreté.

59. Aussi prends garde ! Aime tous, de peur qu’un Roi ne soit caché ! Dis-tu cela ? Fou ! S’il est Roi, tu ne peux le blesser.

60. Alors frappe fort & bas, et en enfer avec eux, maître !

61. Il est une lumière devant tes yeux, ô prophète, une lumière non désirée, fort désirable.

62. Je suis élevé en ton cœur ; et les baisers des étoiles pleuvent fort sur ton corps.

63. Tu es exhalaison dans la voluptueuse plénitude de l’inspiration ; l’expiration est plus douce que la mort, plus rapide et riante qu’une caresse du ver de l’Enfer lui-même.

64. Oh ! tu es vaincu : nous sommes sur toi ; notre délice te recouvre : salut ! salut : prophète de Nu ! prophète de Had ! prophète de Râ-Hoor-Khu ! A présent réjouis-toi ! maintenant viens en notre splendeur & ravissement ! Viens en notre paix passionnée, & écris des mots doux pour les Rois !

65. Je suis le Maître : tu es le Saint Elu.

66. Ecris, & trouve l’extase en écrivant ! Œuvre, & sois notre couche en œuvrant ! Tressaille dans la joie de la vie & de la mort ! Ah ! belle sera ta mort : qui la verra sera heureux. Ta mort sera le sceau de la promesse de notre immémorial amour. Viens ! élève ton cœur & réjouis-toi ! Nous sommes uns ; nous ne sommes aucun.

67. Tiens bon ! Tiens bon ! Résiste en ton ravissement ; ne tombe pas évanoui sous les excellents baisers !

68. Plus ferme ! Soutiens-toi ! Lève la tête ! ne respire pas si profondément — meurs !

69. Ah ! Ah ! Qu’éprouvè-je ? La parole est-elle épuisée ?

70. Il y a aide & espoir en d’autres incantations. La sagesse dit : sois fort ! Alors peux-tu supporter plus de joie. Ne soit pas animal ; affine ton ravissement ! Si tu bois, bois par les huit et quatre-vingt-dix règles de l’art : si tu aimes, excelle en délicatesse ; et si tu fais quelque chose de joyeux, que ce soit avec subtilité !

71. Mais excelle ! Excelle !

72. Lutte pour toujours plus ! et si tu es sincèrement mien — et n’en doute pas, et si tu es toujours joyeux ! — la mort est la couronne de tout.

73. Ah ! Ah ! La mort ! La mort ! tu désireras ardemment la mort. La mort, ô homme, t’est interdite.

74. La durée de ton désir ardent sera la force de sa gloire. Celui qui vit longtemps & désire fortement la mort est à jamais Roi parmi les Rois.

75. Oui ! écoute les nombres & les mots :

76. 4 6 3 8 A B K 2 4 A L G M O R 3 Y X 24 89 R P S T O V A L. Que signifie cela, ô prophète ? Tu ne le sais pas ; ni ne le sauras jamais. Il en vient un autre pour te suivre : il l’interprétera. Mais n’oublie pas, ô élu, d’être moi ; de poursuivre l’amour de Nu dans les cieux étoilés ; de poser un regard sur les hommes, et de leur dire cette heureuse parole.

77. Ô sois fier et puissant parmi les hommes !

78. Elève-toi ! car nul n’est semblable à toi parmi les hommes ou parmi les Dieux ! Elève-toi ô mon prophète, ta stature dépassera les étoiles. Ils adoreront ton nom, carré, mystique, merveilleux, le nombre de l’homme ; et le nom de ta demeure 418.

79. La fin de la dissimulation d’Hadit ; et bénédiction & adoration au prophète de la belle Etoile !

 

Troisième Chapitre

 

1. Abrahadabra ; la récompense de Râ-Hoor-Khut.

2. Il y a division ici en direction de la maison ; il est un mot non connu. L’orthographe n'est plus d'usage ; tout n’est pas rien. Prends-garde ! Tiens-bon ! Entonne l’incantation de Râ-Hoor-Khuit !

3. Maintenant, qu’il soit tout d’abord compris que je suis un dieu de Guerre et de Vengeance. Je les traiterai durement.

4. Choisissez-vous une île !

5. Fortifiez-la !

6. Fertilisez-la avec une machinerie de guerre !

7. Je vous donnerai une machine de guerre.

8. Avec elle vous frapperez les peuples, et nul ne se tiendra devant vous.

9. Embusquez-vous ! Repliez-vous ! Attaquez-les ! ceci est la Loi de la Bataille de Conquête : ainsi sera mon adoration à l’entour de ma maison secrète.

10. Prends la stèle de la révélation elle-même ; place-la dans ton temple secret — et ce temple est déjà bien préparé — & elle sera ta Kiblah pour toujours. Elle ne se flétrira pas, mais une couleur miraculeuse lui reviendra jour après jour. Enferme-la sous verre fermé comme preuve pour le monde.

11. Ce sera ta seule preuve. J’interdis l’objection. Conquiers ! Cela suffit. Je te faciliterai l'abstruction de la maison désordonnée dans la Cité Victorieuse. Tu la transporteras toi-même avec adoration, ô prophète, bien que tu ne l’aimes pas. Tu rencontreras danger & affliction. Râ-Hoor-Khu est avec toi. Adore-moi avec du feu & du sang ; adore-moi avec des épées & avec des lances. Que la femme soit ceinte d’une épée devant moi : que le sang coule jusqu'à mon nom. Foule aux pieds les Païens ; attaque-les, ô guerrier, je te donnerai de leur chair à manger !             

12. Sacrifie du bétail, petit et gros : après un enfant.

13. Mais pas maintenant.

14. Vous verrez cette heure, ô Bête bénie, et toi l’Ecarlate Concubine de son désir !

15. Vous en serez tristes.

16. Ne croyez pas trop vite saisir les promesses ; ne craignez pas de subir les malédictions. Vous, même vous, ne savez pas tout ce sens.

17. Ne craignez pas du tout ; ne craignez ni les hommes, ni les Parques, ni les dieux, ni quoi que ce soit. Ne craignez pas l’argent, ni le rire de la folie populaire, ni tout autre pouvoir au ciel, sur terre ou sous terre. Nu est votre refuge comme Hadit votre lumière ; et je suis la force, la puissance, la vigueur de vos bras.

18. Plus de merci : damnez ceux qui s’apitoient ! Tuez et torturez ; n’épargnez pas ; attaquez-les !

19. Cette stèle ils l’appelleront l’Abomination de la Désolation ; compte bien son nom, & ce sera pour toi comme 718.

20. Pourquoi ? A cause de la chute de Parce que, qu’il n'est plus là.

21. Installe mon image à l’Est : tu t’achèteras une image que je te montrerai, spéciale, ressemblant assez à celle que tu connais. Et il te sera soudain facile de faire ceci.

22. Groupe autour de moi les autres images afin de me soutenir : que toutes soient adorées, car elles se regrouperont pour m’exalter. Je suis l’objet visible d’adoration ; les autres sont secrets ; ils sont pour la Bête & son Epousée : et pour les vainqueurs de l’Epreuve x. Qu’est-ce ? Tu le sauras.

23. Pour parfum mélange farine & miel & restes épais de vin rouge : puis huile d’Abramelin et huile d’olive, et après adoucis & lisse avec un généreux sang frais.

24. Le meilleur sang est celui de la lune, mensuel : puis le sang frais d’un enfant, ou gouttant de l’armée (1) du ciel : puis des ennemis ; puis du prêtre ou des adorateurs : enfin de quelque bête, n'importe quoi.                                            

25. Brûle cela : fais-en des gâteaux & mange pour moi. Ceci a aussi un autre usage ; qu’il soit placé devant moi, et maintenu épais par les parfums de ton oraison : il se remplira de scarabées pour ainsi dire et de créatures rampantes qui me sont sacrées.

26. Tue-les, nommant tes ennemis ; & ils tomberont devant toi.

27. Aussi ceux-ci engendreront le désir & le pouvoir de désir en toi lorsque tu les mangeras.

28. Aussi serez-vous forts à la guerre.

29.De plus, qu’ils soient longtemps conservés, c’est mieux ; car ils se gonflent de ma force. Tous devant moi.

30. Mon autel est de dinanderie ajourée : brûle dessus dans de l'argent ou de l'or !

31. Il viendra un homme riche de l’Ouest qui versera son or sur toi.

32. De l’or forge de l’acier !

33. Sois prêt à fuir ou à frapper.

34. Mais ton lieu saint demeurera intact à travers les siècles : bien qu’incendié & détruit par le feu et l’épée, une invisible maison se tient pourtant là, et s’y tiendra jusqu’à la tombée du Grand Equinoxe ; lorsque Hrumachis surviendra et que celui au double sceptre prendra mon trône et ma place. Un autre prophète surviendra, et ramènera des cieux une fièvre nouvelle ; une autre femme éveillera le désir & l’adoration du Serpent ; une autre âme de Dieu et de bête se confondra dans le prêtre au globe ; un autre sacrifice souillera le tombeau ; un autre roi règnera ; et la bénédiction cessera d’être octroyée Au Seigneur mystique à tête de Faucon !

35. La moitié du mot de Heru-râ-ha, appelé Hoor-pa-kraat et Râ-Hoor-Khut.

36. Puis le prophète dit au Dieu :

37. Je t’adore dans le chant —

 

          Je suis le Seigneur de Thèbes, et moi

            Le porte-parole inspiré de Mentu ;

          Dévoile pour moi le ciel voilé,

            Ankh-af-na-khonsu qui s’est tué,

          Dont les paroles sont vérité. J’invoque, je salue

            Ta présence, ô Râ-Hoor-Khuit !

 

          Unité profondément révélée !

            J’adore la puissance de Ton souffle,

          Suprême et terrible Dieu,

            Qui fait trembler devant toi

          Et les dieux et la mort : —

            Moi, je t’adore !

 

          Apparais sur le trône de Râ !

            Ouvre les voies du Khu !

          Eclaire les voies du Ka !

            Les voies du Khabs me pénêtrent

          Pour me troubler ou m’apaiser !

            Aum ! que cela me comble !

38. De sorte que ta lumière soit en moi ; & sa flamme rouge soit comme une épée dans ma main pour appuyer ton ordre. Il est une porte secrète que je ferai afin d’établir ta voie dans tous les quartiers (ce sont les adorations, comme tu l’as écrit), comme il est dit.

          La lumière est mienne ; ses rayons

            Me consument : j’ai fait une porte secrète

          En la Maison de Râ et de Tum,

            De Khephrâ et d’Ahathoor.

          Je suis ton Thébain, ô Mentu,

            Le prophète Ankh-af-na-Khonsu !

 

          Avec Bes-na-Maut je frappe ma poitrine ;

            Avec la sage Ta-Nech je compose mon charme.

          Manifeste ta splendeur stellaire, Ô Nuit !

            Invite-moi en ta Maison pour y demeurer,

          Ô serpent ailé de lumière, Hadit !

            Demeure avec moi, Râ-Hoor-Khuit !

39. Tout cela et un livre pour dire comment tu vins ici et une reproduction de cette encre et de ce papier pour toujours — car en elle se trouve la parole secrète & pas seulement dans l’anglais — et ton commentaire sur ceci le Livre de la Loi sera magnifiquement imprimé à l’encre rouge et noire sur du magnifique papier fait à la main ; et à chaque homme et femme que tu rencontres, ne serait-ce que pour dîner ou boire chez eux, c'est la Loi à donner. Ils auront alors l’occasion de demeurer en cette béatitude ou non ; c’est sans importance. Fais ceci rapidement !

40. Mais l’œuvre du commentaire ? Elle est facile ; et Hadit brûlant en ton cœur rendra ta plume vive et assurée.

41. Etablis un secrétariat à ta Kaaba : tout doit être bien fait et comme s’il s’agissait d’affaires.

42. Tu surveilleras toi-même les épreuves, hormis celles qui sont aveugles. Ne refuse personne, mais tu connaîtras & détruiras les traîtres. Je suis Râ-Hoor-Khuit ; et je suis puissant pour protéger mon serviteur. Le succès est ta preuve : n’argumente pas ; ne convertis pas ; ne parle pas trop ! Ceux qui cherchent à te piéger, à t’abattre, attaque-les sans pitié ni quartier ; & détruis-les totalement. Vif comme un serpent foulé tourne-toi et frappe ! Sois encore plus meurtrier que lui ! Entraîne leurs âmes dans un supplice abominable : ris de leur crainte : crache sur eux !

43. Que la Femme Ecarlate prenne garde ! Si la pitié, la compassion et la tendresse visitent son cœur ; Si elle délaisse mon œuvre pour jouer avec de vieilles douceurs ; alors ma vengeance sera connue. Je me tuerai son enfant : j’aliénerai son cœur : je la chasserai  loin des hommes : telle une prostituée craintive et méprisée elle rampera dans les rues humides du crépuscule, et mourra gelée et affamée.

44. Mais qu’elle se dresse avec fierté ! Qu’elle me suive dans ma voie ! Que son œuvre soit l’œuvre de la méchanceté ! Qu’elle tue son cœur ! Qu’elle soit bruyante et adultère ! Qu’elle soit couverte de joyaux, et d’habits luxueux, et qu’elle soit sans honte devant tous les hommes !

45. Alors je la hisserai aux pinacles du pouvoir : alors j’engendrerai d’elle un enfant plus puissant que tous les rois de la terre. Je la comblerai de joie : avec ma force elle verra & portera un coup à l’adoration de Nu : elle atteindra Hadit.

46. Je suis le Seigneur guerrier des Quarante : les Quatre-vingts tremblent devant moi, & sont avilis. Je vous amènerai à la victoire & la joie : je serai à vos bras dans la bataille & vous prendrez plaisir à tuer. Le succès est votre preuve ; le courage est votre armure ; continuez, continuez, en ma force & vous ne vous retournerez pour aucun !

47. Ce livre sera traduit dans toutes les langues : mais toujours avec l’original dans l’écriture de la Bête ; car dans la forme accidentelle des lettres et dans leur position les unes par rapport aux autres : en cela il y a des mystères qu’aucune Bête ne devinera. Qu’il ne cherche pas à essayer : mais il en vient un après lui, d’où, je ne dis point, qui découvrira la clé de tout ceci. Alors cette ligne tracée est une clé : puis ce cercle quadraturé en son défaut est aussi une clé. Et Abrahadabra. Ce sera son enfant & cela étrangement. Qu’il ne recherche pas ceci ; car de cette seule façon peut-il en déchoir.

48. Maintenant ce Mystère des lettres est fini, et je veux poursuivre jusqu’au lieu plus saint.

49. Je suis dans un quadruple mot secret, le blasphème contre tous les dieux des hommes.

50. Maudis-les ! Maudis-les ! Maudis-les !

51. De ma tête de Faucon je crève à coups de bec les yeux de Jésus alors qu’il pend sur la croix.

52. Je bats des ailes à la face de Mahomet & je l’aveugle.

53. De mes serres j’arrache la chair de l’Indien et du Bouddhiste, Mongol et Din.

54. Bahlasti ! Ompehda ! Je crache sur vos croyances crapuleuses.

55. Que Marie inviolée soit déchirée sur des roues : à cause d’elle, que toutes les femmes chastes soient totalement méprisées parmi vous !

56. Aussi par égard pour la beauté et pour l’amour !

57. Méprisez aussi tous les lâches ; les soldats de métier qui n’osent pas se battre, mais s’amusent ; méprisez tous les fous !

58. Mais l’ardent et le fier, le royal et l’altier ; vous êtes des frères !

59. Comme des frères battez-vous !

60. Il n’y a pas de loi plus haute que Fais ce que tu voudras.

61. Il est une fin au mot du Dieu intronisé sur le siège de Râ, illuminant les poutres de l’âme.

62. A Moi fais-tu hommage ! à moi viens-tu au travers de la tribulation de l’épreuve, qui est félicité.

63. Le fou lit ce Livre de la Loi, et son commentaire ; & il ne le comprend pas.

64. Qu’il traverse la première épreuve, & il sera pour lui comme de l’argent.

65. A travers la seconde, de l’or.

66. A travers la troisième, des pierres d’eau précieuse.

67. A travers la quatrième, d’ultimes étincelles du feu intime.

68. Il semblera pourtant à tous magnifique. Ses ennemis qui ne disent pas ainsi ne sont que des menteurs.

69. Il y a succès.

70. Je suis le Seigneur à Tête de Faucon, du Silence & de la Force ; mon némès voile le ciel bleu-nuit.

71. Salut ! vous guerriers jumeaux autour des colonnes du monde ! car votre temps est proche.

72. Je suis le Seigneur du Double Sceptre du Pouvoir ; le Sceptre de la Force de Coph Nia — mais ma main gauche est vide, car j’ai anéanti un Univers ; & rien ne subsiste.

73. Colle les feuilles de droite à gauche et de haut en bas : puis vois !

74. Il y a une splendeur en mon nom cachée et glorieuse, de même que le soleil de minuit est toujours le fils.

75. La conclusion des mots est le Mot Abrahadabra.

          Le Livre de la Loi est Ecrit et Occulté.

                       Aum. Ha.

 

(1) Note des traducteurs : host signifie aussi hostie.

 

Le Commentaire

     Fais ce que tu voudras sera toute la Loi.

     L’étude de ce Livre est interdite. Il est sage de détruire cette copie après la première lecture.

     Quiconque néglige ceci le fait à  ses propres risques et périls. Ceux-ci sont terribles.

     Ceux qui discutent le contenu de ce Livre doivent êtres fuis par tous comme des centres de pestilence.

     Toutes les questions relatives à la Loi ne doivent être tranchées qu’en se référant à mes écrits, chacun pour soi.

     Il n’y a pas de loi plus haute que Fais ce que tu voudras.

     L’amour est la loi, l’amour sous la volonté.

                              Le prêtre des princes,            

             Ankh-f-n-Khonsu.

Commentaires (1)

1. Matthieu Léon 30/11/2014

Merci d'avoir lu ce texte.
Il est conforme au "Liber Al vel Legis" édité par les Gouttelettes en 1997 et qui est encore en vente sur la boutique de ce site. L'édition papier contient notre introduction ce texte, et la version manuscrite de la main de Crowley de 1904.
En plus, cette édition est conforme aux prescriptions du texte…
Lien direct ici : http://www.gouttelettes-de-rosee.ch/boutique/liber-al-vel-legis.html
Merci !
ML

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